Nice to meet you, darling ! [Eeva]

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Sam 14 Avr - 23:14
Après une semaine de cours bien longue (mais ne l’étaient-elles pas toutes ?), je n’avais qu’une envie pour le weekend: être au calme. La journée n’avait déjà pas débutée sous les meilleurs hospices, je m’étais réveillé bien plus tôt que je ne l’aurais voulu, sans que Morphée n’accepte de me reprendre. Je suis bien le premier à clamer haut et fort que la vie appartient à ceux qui se lève tôt…mais avant 6h du matin, je considère que c’est indécent. Et de se réveiller avant la sonnerie du réveil, c’est carrément une trahison directe de mon corps. Chaque minute de sommeil est précieuse et ce traitre devrait bien le savoir. Tant pis. Je restai finalement immobile durant de longues minutes, face à la fenêtre donnant sur la vue incroyable de l’océan. Je n’ai jamais été particulièrement ému, ni même ébloui par les beautés de la nature et la mer était bien quelque chose qui me laissait parfaitement indifférent. Mais je dois bien admettre que le cadre de notre académie fait de nous des privilégiés. L’habitude lasse, cependant, et rend les choses beaucoup plus fades. Dès que l’heure fut raisonnable, et après une rapide douche froide revigorante et un petit-déjeuner auprès de camarades dont je m’empressais de prendre congé avec politesse, mes pas me menèrent naturellement à la salle commune des Sigmas. A cette heure-ci tout était calme, ce qui ne serait certainement plus le cas dans à peine une heure ou deux. C’était de loin mon endroit favori. Familier, confortable, lieu de rassemblement dans lequel circulent convenances sociales et potins quotidien. Que demander de plus ?

Je n’avais qu’une envie, m’écrouler lamentablement sur un fauteuil pour y finir ma nuit. Mais l’idée d’être vu affalé paresseusement n’était définitivement pas à mon gout. Aussi, je m’assis sagement pour ouvrir le livre que j’avais apporté avec la ferme intention de commencer la journée en lisant un classique de la psychologie de comptoir : Le chevalier à l’armure rouillée. Au bout de quelques minutes, les lignes commençaient déjà se brouiller, se confondant les unes avec les autres tandis que mes paupières ne voulaient qu’une chose, se fermer. Avec un soupir de dépit, j’abandonnai finalement mon simulacre de lecture pour autoriser mon attention à se promener dans la pièce. Mon regard s’arrêta presque immédiatement sur l’une de mes camarades qui était, étonnement, en train de s’affairer auprès de…plantes ? Quelle drôle d’idée. Je regardai plus attentivement son visage. Assurément, je l’avais déjà vue. Tous les étudiants vivant sous le même toit, sans compter le fait que nous appartenions visiblement au même groupe comme l’indiquait clairement sa présence en ces lieux, ce n’était donc pas étonnant. Mais si son agréable visage m’était familier, je ne savais pas beaucoup plus d’elle. Ni même son nom d’ailleurs. Qu’à cela ne tienne, je n’avais rien à faire (ou plutôt, rien envie de faire), et elle était seule. L’occasion d’en apprendre plus sur l’une de mes camarades était trop belle pour l’ignorer. Je me levai donc pour l’aborder, abandonnant sans regret mon livre sur le fauteuil que j’avais occupé. Elle paraissait absorbée par sa tâche. Peut-être devrais-je la laisser en paix, mais l’ennui qui me titillait et, je devais bien l’admettre, un peu de curiosité, me poussait à attendre que la jeune femme lève enfin les yeux vers moi. Je m’étais silencieusement appuyé contre le mur à côté d’elle, les bras croisés sans être crispés, dans une attitude qui se voulait accueillante, détendue et amicale.

« Qu’est-ce que tu fais ? »

Ce n’était certainement pas l’introduction la plus polie, mais l’expérience m’avait appris que parfois, mieux valait laisser les grandes formalités de côté. Je ne connaissais certes pas cette fille, mais le peu que j’avais pu observer d’elle les quelques fois où je l’avais croisée me laisser penser que ce n’était pas ma camarade la plus expansive. Entrer directement dans le vif du sujet, un sujet qui l’intéressait, pourrait éviter la gêne occasionnée par les présentations formelles trop abruptes. Et puis, mon simulacre d’intérêt et mon sourire affable étaient largement suffisant pour compenser ce petit manque de courtoisie.
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Dim 15 Avr - 0:37
cinq heures trente-sept, samedi quatorze avril

Lilith ne fermait jamais les volets de sa chambre ; elle ne savait pas exactement si c’était pour le plaisir de voir chaque matin un lever du soleil sur l’océan, ou pour maximiser la rentabilité des plantes qui habitaient la pièce. Elle avait demandé à être seule dans sa chambre, très explicitement dès son arrivée à l’école — elle avait essayé la manière douce, mais parfois la manière douce se mêlait un peu trop à la manière forte. Si elle s’écoutait, elle aurait même demandé des cours particuliers par internet, pour qu’elle puisse n’être en contact avec des gens que lors de ses exercices.

La brune s’étira doucement, puis sortit de son lit pour ouvrir la fenêtre. L’air marin était tout ce qui lui tenait à cœur, et ce qui malheureusement lui rappelait les zones côtières de la Finlande de l’Ouest. Elle avait appris ici à parler la langue adéquate, même si sa pratique se résumait à de courtes interactions avec les professeurs et le personnel étudiant. Elle avait toujours évité le contact avec les autres élèves, ou du moins le contact qu’elle pouvait éviter discrètement et sans faire d’histoires. La jeune fille s’habilla d’une jupe longue et d’un pull-over aux couleurs des Sigmas, qu’elle était censée représenter. Ce matin, elle comptait prendre son petit déjeuner dans la salle commune, devant la grande baie vitrée, pour siroter son thé en même temps que de regarder les vagues s’écraser contre les rochers. A cette heure ci, un samedi, après un vendredi d’examens, il n’y aurait personne pour l’embêter. Elle prit donc son mug, ses biscuits et son plaid, et partit d’un pas pressé vers la dite salle.

Là bas, elle posa son plaid sur le canapé, fit bouillir l’eau, but son thé puis mangea ses gâteaux. Le silence et la tranquillité de cette salle quand il n’y avait personne était royal. La demoiselle, son petit déjeuner pris, versa le reste d’eau de la bouilloire dans chacun des pots qui ornait les étagères près de la véranda, en veillant soigneusement à ce qu’il y aie la bonne quantité d’eau pour chaque. Ses études avaient servi à ça, au moins. Elle ne pourrait sûrement jamais rentrer chez elle en Finlande, mais elle aurait au moins les connaissances pratiques et théoriques pour savoir vivre seule. Les plantes de la salle commune étaient toutes des fleurs, qui avaient la particularité d’être aux couleurs de l’école. Pendant son soin méticuleux de celles-ci, elle n’avait pas entendu entrer l’étudiant qui allait sûrement dérégler les plans de sa matinée - et elle espérait au fond d’elle qu’ils partent de la salle commune avant qu’une autre ribambelle d’étudiants ne vienne s’y réunir.

Quand le jeune homme s’approcha d’elle, et qu’elle le remarqua, elle ne put plus se contenter de l’ignorer. Elle posa donc la bouilloire vide sur le côté, et finit par lui faire volte face – il avait parlé, il voulait lui parler, il la regardait et maintenant il lui posait même une question. – Doucement Eeva, répond quelque chose qui lui permette de prendre ses propres décisions pour ce qui est de la suite de la conversation, ça serait mal poli de lui demander de partir maintenant, oui Eeva, qu’est ce que tu faisais avec ces plantes, et bien tu t’en occupais, personne ne le fait dans cette école, puis il pourrait pas le faire lui ? Non Eeva, lui tu ne le connais pas et il fait sa vie comme il l’entend. –

« Je... Viens de finir d’arroser ces orchidées, il faut leur donner quinze millilitres d’eau par jour à celles-là...» La jeune fille réfléchit quelques secondes avant d’ajouter, confuse et un peu paniquée : « Mais... Tu n’es pas obligé de le faire ! Tu fais ce que tu veux ! Moi j’étudie la botanique et la biochimie alors c’est un peu l’objet de mes études, mais toi tu as sûrement d’autres passions géniales que tu peux assouvir comme tu l’entends ! » Eeva baissa les yeux, gênée. Et voilà, encore un monologue non palpitant pour éviter que ce pauvre étudiant se mette à arroser les orchidées tous les jours. Ses professeurs lui rappelaient sans cesse de ne pas utiliser le verbe falloir et le verbe devoir, mais c’était assez difficile, en pratique, de bannir ces verbes et d’autres d’une conversation de plus d’une minute. Elle espérait aussi que les désirs de cet homme, quand elle avait dit “fais ce que tu veux” n’étaient pas de sauter d’une fenêtre ou de tuer des gens, bien que ce soit peu probable dans le moment présent. Lilith sourit, gênée, puis détourna son regard vers la vue. Elle fuyait un peu celui de l’inconnu.
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