Sur les doigts de la main ou un coup de main ?

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Ven 25 Mai - 11:38
Sur les doigts de la main ou un coup de main ?Le silence qui régnait dans la bibliothèque était un parfait contraste de la tempête qui régnait dans mon esprit. J’étais ici pour travailler, parce qu’il fallait bien que j’étudie, si je voulais devenir médecin, mais c’était déjà bien compliqué à atteindre comme objectif, sans en plus, rajouter à ça le fait que j’avais un retard général de deux ans, voir plus à rattraper. Quand vous passez votre temps avec une arme à la main a la place de livre et de calculatrice, vous imaginez bien que vous n’êtes clairement pas au niveau des autres. A mon âge, pour vous dire, j’étais encore entrain de compter sur les doigts pour essayer de suivre le rythme imposé par l’école.

Evidemment, quand vous êtes dans ma condition de pauvreté et venant d’un pays en guerre, vous pouvez vous dire que c’est une excuse valable, mais ce qui m’avait le plus perturber, c’était bien le calme apparent de l’endroit. Pas de bruit la nuit, pas de lever à trois heures du matin au bruit des bombes ou des tirs rebelles. Pas de kalaches sous les lits en cas de problème et pas de paysage en feu couvert de poussière. C’était comme si j’étais Alice au Pays des Merveilles et qu’au lieu de vivre dans le monde des fous, j’étais allé dans un monde normal et réel. La sensation était d’autant plus gênante que cette tranquillité était exactement qui ce m’empêcher de me concentrer. J’étais trop habitué à bouger, à vivre au jour le jour. Ici, je suis toujours obliger de prévoir ce que je vais faire le lendemain. C’est fatiguant.

Je soupirais pour la énième fois, en me rendant compte sur ma petite chaise en bois, que j’avais perdu le compte de mon calcul. J’avais bien une machine pour m’aider, mais comme je ne savais pas me servir de cette dernière, c’était comme avoir un ordinateur high-tech que vous ne savez pas allumez. C’est bien pratique, mais sa vous sert à rien. Je reprenais donc ma multiplication, pointant mes doigts devant mon visage, essayant sans succès de résoudre l’inconnu X qui trônait de toutes sa force devant moi. Cela faisait bien une heure que j’étais coincé au premier calcul et il m’en restait huit à résoudre. Probablement que mon professeur aller désespérer. Ce n’était pas la première fois que je ramenais copie blanche. Ce n’était pas de la mauvaise foi ni de la mauvaise volonté. C’était juste que quand vous passez votre temps à compter les chargeurs et les balles davantage que les inconnus et les fractions, vous imaginez bien que vous aviez autre chose à faire que de sortir votre calculette !

La bibliothécaire qui passait parfois dans les rayons des livres, semblait me prendre en sympathie en me jetant des regards attendrie, bien que je ne sache pas vraiment pourquoi. Qu’est-ce qu’il y avait d’attendrissant à me voir galérer sur une opération de mathématiques, que la plupart des mes camarades on déjà faits ? J’eus un soupir, j’allais être ici jusqu'à la fermeture, je le sentais au fond de moi. Quelle poisse. Moi qui voulait pouvoir appeler ma mère se soir.

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Jeu 31 Mai - 14:33
un deux trois

Il soupire. Ce référentiel lui semblait au-delà de ses compétences, alors qu’il était facile. Il ferme son livre en le claquant, faisant voler la poussière, la soufflant par ennui. Il décidait de se rendre à la cafétéria, tout en pensant que manger quelque chose l'aidera probablement à retrouver ses capacités mentales. Rien n’avait été aujourd’hui. Entre se prendre le pied au pied du lit, ou manquer de trébucher dans les escaliers, Anatole crut à une farce venant d’un Gamma malchanceux qui lui aurait transmis la poisse.

Trop de pensées, comme toujours. Oui, c’était toujours le bordel dans la tête d’Anatole, rien n’avait changé depuis. Son caractère trop amical parfois, se dissipait, tarissant comme l’oasis que l’on assèche pour ne laisser que les arbres mourants au milieu du désert. Les autres se demandaient même si il n’était pas en train de déprimer, tant son humeur déclinait mentalement et physiquement. Cela n’était pas rare de le voir dans cet état, mais il fallait avouer qu’il ne tapait plus du pied pour afficher un sourire.

Traînant les pieds, il prenait son courage à deux mains et montait de nouveau vers la bibliothèque, là où sa motivation l’avait délaissé une heure avant. Il s’était réinstallé en soupirant, reprenant là où s’était arrêté, griffonnant sa feuille. Un peu de motivation, juste un peu pour ne pas rêver ailleurs. L’amour rendait malade, l’amour rendait fou. Si seulement il savait où il se trouvait à cet instant, il serait certainement moins stressé. Anatole savait qu’il n’avait plus le droit de le chercher, d’y penser. Seulement, il n’était pas résigné à le laisser, peut-être car celui qu’il désirait encore ne voulait aucunement le laisser partir. C’était une hantise; et malgré ses efforts pour ne pas y penser, c’était comme si tout se rapportait à ce ténébreux qui le pourchassait. Un poison.

Laissant son regard vagabonder autour de lui, le Sigma s’aperçut qu’un élève était en difficulté. Il reconnaissait le jeune Sigma non loin de lui, sur lequel les rumeurs ne tarissaient pas. Un garçon qui n’a vu que cendres amères et coups de feux. Anatole était empathique, il ne s’imaginait pas ce que c’était vivre comme tel, mais il ressentait un mal être pour le troisième année. Le voyant complètement perdu dans ses comptes, Anatole attrapait ses affaires pour venir s’installer face à Khaled.

« Tu as l’air un peu perdu, ça va ? », souriant un peu taquin il enchaînait, « Fais attention, de la fumée de surmenage sort de tes oreilles. »

Il secouait un peu la tête et posait son fessier sur la chaise éparpillant devant lui ses bouquins.

« Je m’appelle Anatole, et toi ? »


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Jeu 31 Mai - 15:01
Sur les doigts de la main ou un coup de main ?Généralement, dans ce genre de circonstance, où vous êtes en galère pour l’heure à venir, je sais qu’on fait appelle à un ami pour vous aider. Sustenté que vous en ayez un. J’été ici depuis maintenant plusieurs semaines, mais le nombre de personne qui m’approchait était actuellement à compter sur les doigts de la main. Les gens m’évitaient, mais je devais admettre que je ne savais pas vraiment pourquoi. Je ne leurs avaient pas fait de mal. Et je ne leurs avaient pas parlé mal. Peut-être avait-il peur ? Ou bien sont-ils tous timides ? Je savais que du à mon teint de peau foncé, la plupart ce faisait des idées sur mon pays d’origine. Africain ou arabes, du pareil au même pour eux. Un endroit de « barbares », pour la plupart du monde. Ou règles et lois sont aussi inutiles que la technologie. Seul résonne le rythme cardiaque des armes et les veines de sang qui roulent sur le pavé.

Ils jugent si facilement ici, en quelques jours vous êtes fiché. Comme ses gens recherchés mort ou vif sur les affiches des rues déglinguées de ma ville. De mon ancienne ruine de ville, plutôt. Alors oui, je n’avais pas d’ami, mais je n’étais pas dérangé plus que ça par ce fait. Tant que les autres ne venaient pas m’embêter, je ne faisais pas grand-chose pour les retenir de parler. Ils parlent tous trop ici, tellement de chose à retenir sur chacun, les noms, les prénoms, les âges, les façons d’écrire… Parfois j’avais l’impression que ma tête aller exploser. Il y avait un monde entier qui semblait me séparer de ses personnes, de ses étranges créatures qui jouent à longueur de temps à la récréation, qui hurlent, qui parlent et s’insultent. Comment font-ils ? Ca me dépasse. Je sursautai brutalement, quand une voix interrompit mes pensées, mes mains soudainement à ma ceinture, cherchant mon arme de secours qui n’était, évidemment, pas là. J’avais encore du mal à m’y faire. D’être sans défense.

Je clignais stupidement des yeux devant le jeune homme en face de moi. Bon, il était plus âgé que je ne l’étais, mais il n’était pas vieux. Le temps que je comprenne ce qu’il m’avait dit, je portais mes mains à mes oreilles comme pour voir s’il disait vrai. Après tout, le corps faisait tellement de chose, était-il possible qu’il produise de la fumée par les oreilles ? Peut-être. Je regardais mes mains, comme pour avoir la preuve des paroles de mon interlocuteur, qui, enchaînant sur sa présentation, souriait toujours à pleine dents. Drôle de personnage, celui-ci.
- « Humm… Enchanté Anatole. Je m’appelle Khaled Abdel Alkazïr. Mais vous pouvez m’appelez Khaled. »
Je répondis, penchant légèrement la tête sur le côté, air curieux. Etant donné que ce dernier avait rompu la monotonie comportementale des individus que je croisais habituellement, je devais admettre que je voulais en savoir plus sur lui.

Il m’avait posé une question me semble-t-il… C’était quoi déjà ? Ah oui ! Si j’allais bien. Je baissais la tête vers mon propre corps, cherchant quelque chose qui sortait de l’ordinaire. Je n’étais pas spécialement en mauvaise santé. Pourquoi donc aurais-je l’air perdu ? J’avais bien trouvé mon chemin à la bibliothèque après tout. Bon, j’avoue, je m’étais perdu hier en cherchant ma classe, mais j’avais retenue le plan plus ou moins correctement maintenant. Mais c'était gentil à lui de s'en inquiéter.
- « Non, je ne suis pas perdu, j'ai réussis à trouver le chemin de ma classe aujourd'hui. Et je vais bien merci. Et vous ? »
Etant donné que je ne le connaissais pas, lui demander de l’aide sans préambule était d’une impolitesse incroyable, je n’allais donc pas le faire. Peut-être que si on apprenait à ce connaître assez autour d’un thé, comme chez moi, on pourrait parler plus tranquillement sans risquer d’attirer les foudres de la bibliothécaire. Je n’avais jamais compris pourquoi elle voulait le silence ici. Ce n’était pas comme si lire dans une silence allait aider à la concentration.

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Dim 10 Juin - 19:57
un deux trois

Est-ce qu’il allait se faire comprendre ? Sa question eut presque tout de suite une réponse, alors que le jeune troisième année le regardait, l'incompréhension la plus totale dans son regard. Le Sigma écarquille les yeux. Visiblement, son interlocuteur n’a vraiment pas compris le sens de ses phrases, mais soit, c’était aussi toujours bon de faire connaissance.

Malgré son caractère casanier, Anatole appréciait les nouvelles rencontres, surtout qu’il avait la conversation facile assez souvent. Comme il pouvait avoir une facette de rustre, comme si il se levait quelquefois, du pied gauche.

Le Delta face à lui était spécial, alors qu’il vérifiait son corps, l’air un peu perdu, ne comprenant pas vraiment ce que voulait le Sigma en lui demandant si tout allait bien. Bon, il avait essayé de se faire comprendre, mais cette fois-ci cela n’avait pas marché. Il secouait la tête et se mit à rire gentiment lorsque le troisième année vérifiait également ses oreilles.

« Je plaisante pour tes oreilles, ne t’inquiète pas, vraiment. », il remettait son dos droit, « Enchanté Khaled. Je suis heureux de savoir que tu vas bien, mais je te parlais de ton devoir qui te semble difficile à comprendre. »


Anatole était une personne serviable. Il suffisait qu’on le lui demande et il le faisait sans rechigner et avec bon coeur. Il se penchait à nouveau, observant la difficulté du Delta. Ah. Cela semblait simple comme problèmes, Anatole jaugeait ainsi la situation de Khaled face aux devoirs compliqués pour lui. Son niveau était donc faible; compréhensible en fait. Si les rumeurs s’avéraient vraies, alors Khaled avait beaucoup de retard comparé aux autres. Il tapotait la feuille doucement, désignant de cette façon les calculs.

« Je peux t’aider si tu veux. Je vois que tu as également de la misère à te servir de la calculatrice, ça aussi je peux te montrer un peu comment ça fonctionne. »

Il n’aimait pas voir les autres aussi largués. Khaled semblait tout autant être une exception, car son retard était justifié. Pauvres gens qui vivent dans la misère et la peur de peut-être mourir à cause d’une balle perdue ou une bombe. Malgré la tristesse et la colère dans ses pensées, il continuait de sourire chaleureusement au troisième année.

« Alors, tu es d’accord ? »

Il avait du temps à perdre de toute façon. Son référentiel ? Il voit pas de quoi on parle… Il n’a jamais eu à faire un référentiel lui, non, pas du tout !


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Mer 4 Juil - 14:50
Sur les doigts de la main ou un coup de main ?Il plaisantait alors ? Ce n’était pas très drôle comme blague, même si je suppose que chez les occidentaux, c’était le genre de chose qui faisait sourire. Je me contentais de garder un faciès neutre et d’écouter la suite de ses paroles. Je baissais les yeux vers mon devoir qui était une copie blanche pour l’heure. Oui, évidemment que j’avais des difficultés, le niveau scolaire entre ici et mon pays était un vrai gouffre, sans compter les années d’école que j’avais raté. Autant dire que le retard serait difficile à rattraper, mais j’avais de la volonté, acquise au fil du temps. Si j’étais capable de tuer un homme sans un battement de cil, sûrement que faire ses exercices de maths ne devait pas être la mer à boire.

Je n’aime pas demander de l’aide, je n’aime pas non plus en recevoir. Chez moi, c’est souvent un signe de faiblesse, cela dit, ici, tout était différent semble-t-il et puis, si je voulais progresser, je devais bien apprendre de quelqu’un. Fusse-t-il un élève. J’hochais la tête, un air impassible sur visage, essayant visiblement de garder un minimum de dignité. Ma fierté d’homme en prenait forcément un coup. Avoir besoin d’aide pour ce qui semblait être quelque chose de simple pour tout le monde était difficile à avaler, mais je ne désespérais pas d’un jour arrivé à les faire seuls. Et oui, je me considérais comme un homme. La plupart ne se voyait comme tel ici que lorsqu’ils avaient atteint leurs dix-huit ans, mais dans mon pays, on était tel simplement en subvenant au besoin de la famille.

Je jetais un regard à ma calculatrice, ses chiffres et codes déjà trop élaboré pour moi. Il était gentil, se jeune homme, de se proposer pour tout ça. Mais il voulait en échange ? Après tout, on ne donnait jamais rien sans rien, alors comme je n’avais pas grand-chose à lui donner, je cherchais à comprendre se qu’il voulait obtenir de moi en retour.
- « Je veux bien, mais je n’ai rien à donner en échange. A part du thé si tu veux. »
La naïveté de cette phrase avait de quoi tranché avec mon habituel moi, mais j’essayais de me faire le plus accessible possible. Quand vous avez la meilleure moyenne en sport et la pire de toute en math, vous vous doutez bien qu’il y a anguille sous roche… La plupart du temps, pourtant, je passais pour quelqu’un d’un peu stupide, se que j’étais sans doute à leurs yeux.

L’étais-je à Anatole ? Peut-être, mais alors, il ne chercherait pas à m’aider s’il me prenait de haut comme les autres. J’eus un petit sourire, qui se voulait amical, mais qui était, au final, plus une grimace.
- « Merci de te proposé. Je n’aime pas demander de l’aide aux autres, c’est humiliant pour un homme comme moi. »
Je pouvais bien lui dire le fond de ma pensée, au moins, il saurait à quoi s’attendre s’il voulait vraiment m’apporter son appuis.

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